Parent


Définition de l'Académie française (éd. 1986)


X e siècle. Emprunté du latin parens, « le père ou la mère », participe présent de parere, « enfanter ».
1. N. m. pl. Le père et la mère, ceux à qui l'on doit d'être né. Parents légitimes, naturels. Parents adoptifs , ayant adopté un ou plusieurs enfants. Une association de s d'élèves . Par anal. Parents spirituels , le parrain et la marraine. Beaux-parents , Grands-parents, Arrière-grands-parents, voir ces mots. Par ext. Ceux dont on descend, les aïeux, les ancêtres. Il est né de s illustres. Dans l'Écriture sainte. Nos premiers s , Adam et Ève. Titre célèbre : Les Parents terribles , de Jean Cocteau (1938).
2. Toute personne à qui l'on est lié par le sang, par la naissance ; membre d'une même famille. Parent paternel, maternel. Parents au troisième degré. Parent proche , se dit des frères, sœurs, cousins germains, par opposition à Parent éloigné . Loc. Parent pauvre , personne qui n'a pas le même degré de fortune que le reste de sa famille et que celle-ci dédaigne volontiers. Fig. Traiter une personne en pauvre , ne pas lui accorder l'attention, les égards souhaitables. On dit de même Cet organisme est le pauvre du budget. Par anal. Être vivant considéré par rapport à d'autres de la même espèce, de la même famille. Le marsouin est un ou, adjt., est du dauphin. Fig. Adjt. Qui présente des traits communs avec une ou plusieurs autres choses ; qui est proche, voisin. Ses conceptions sont es des miennes. Langues es , qui dérivent d'une langue commune parlée autrefois. L'italien et le français sont des langues es .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)


Il se dit au pluriel de Ceux auxquels on doit la vie, du père et de la mère. "Il s'est marié sans le consentement de ses s". "Un enfant doit obéir à ses s."
"Les beaux-parents," Le père et la mère du mari, de la femme.
"Les grands-parents", Le grand-père et la grand-mère.
"Nos premiers s", Adam et Ève.
PARENTS se dit aussi de Ceux de qui on descend. "Il est né de s illustres."
PARENT se dit aussi de Celui, de celle qui est de la même famille que quelqu'un par le sang. "Il n'a point de s. Parent paternel, maternel. Parents au troisième degré. C'est mon . Il est de mes s. De quel côté êtes-vous s? Il est mon du côté de ma mère. Ils sont s, proches s. Ils sont s éloignés. Le mariage entre s à certains degrés est prohibé."
Il se dit, par extension, de Ceux qui sont simplement alliés. "Il est devenu mon en épousant ma cousine."
Prov., "Nous sommes tous s en Adam".



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Au pl. Le père et la mère, collectivement (c'est la signification étymologique et propre). Un enfant doit obéir à ses s.
RAC.: « Hélène à ses s dans Sparte dérobée »
RAC.: « Je suis, dit-on, un orphelin.... Et qui de mes s n'eus jamais connaissance »
VOLT.: « On n'a point de s alors qu'on les ignore »
    Parents spirituels, le parrain et la marraine.

 2   Par extension, ceux de qui on descend. Né de s illustres.
M. J. CHÉN.: « On hérite en naissant du sort de ses s »
    Nos premiers s, Adam et ève.

 3   S. m. et f. Parent, e, celui, celle qui est de la même famille.
CORN.: « Et noyons dans l'oubli ces petits différents Qui de si bons guerriers font de mauvais s »
CORN.: « Romains contre Romains, s contre s Combattaient seulement pour le choix des tyrans »
CORN.: « Quoi, tu lis les romans? Je puis bien lire Astrée, Je suis de son village, et j'ai de bons garants Qu'elle et son Céladon étaient de mes s »
LA FONT.: « Il n'est meilleur ami ni que soi-même »
BOILEAU: « Lions contre lions, s contre s »
RAC.: « Sans s, sans amis, désolée et craintive, Reine longtemps de nom, mais en effet captive »
LA BRUY.: « Rien n'engage tant un esprit raisonnable à supporter tranquillement des s et des amis les torts qu'ils ont à son égard, que la réflexion qu'il fait sur les vices de l'humanité »
LA BRUY.: « Que d'amis, que de s naissent en une nuit au nouveau ministre ! »
LA BRUY.: « Il y a des âmes sales.... éprises du gain et de l'intérêt.... de telles gens ne sont ni s, ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut-être des hommes : ils ont de l'argent »
VOLT.: « Parente de Louis, fille de Lusignan, Vous chrétienne et ma soeur, esclave d'un sultan ! »
DUCLOS: « On n'est pas toujours obligé d'avoir ses s pour amis ; mais il est décent de vivre avec eux comme s'ils l'étaient »
DELILLE.: « Le sort fait les s, le choix fait les amis »
    Familièrement. Les grands s, les plus considérables d'entre les proches s.
    Grands s, se dit aussi du grand-père et de la grand'mère.

 4   Par extension, allié. Il est devenu mon en épousant ma cousine.

PROVERBES
    Nous sommes tous s en Adam.
    Un bon ami vaut mieux qu'un .
    Les rois et les juges n'ont point de s, c'est-à-dire ils doivent sacrifier leurs affections personnelles à l'intérêt général.
VOLT.: « Tout le monde fait ici sa cour à Mme de Bezeval, qui est un peu e de la reine [Marie Leczinska, nouvellement mariée] ....on lui demanda à quel degré elle était e de la reine ; elle répondit que les reines n'avaient point de s »

REMARQUE
    Bouhours, Remarques, dit : ' Ce mot n'est pas noble, pour dire ceux de qui nous avons reçu la vie. Il ne signifie élégamment que les personnes qui nous sont unies par le sang. ' Cette observation est fausse, et Racine a très bien employé s dans le sens de ceux de qui nous avons reçu la vie.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     St Alexis, LXXVI: Le num [il] lur dist del pedre e de la medre, E ço lur dist de quels parenz il eret [était]
     Ch. de Rol. LXXXII: Que mi pour mei seient blasmet
    XIIème siècle
     Th. le mart. 64: Ensi en sunt chacié li saint Thomas, Vunt en autre païs dolent, chaitif e las
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, 188: Li quens de Campaigne [le comte de Champagne] estoit ses parens et homme le roi
     Ass. de J. I, 264: Sire, nostre e tel, qui fut fille de tel, a passé douze ans
AUDEFROI LE BAST: « En cele amour la demoiselle ont prise Si , et donné seigneur [mari] Contre son gré... »
    XIVème siècle
ORESME: « Li parens aiment leur filz aussi comme ils fussent aucune chose ou partie de eulz meisme »
    XVIème siècle
LEROUX DE LINCY: « À ses s doit-on bien faire »
LEROUX DE LINCY: « Il n'y a meilleur que l'ami fidele et prudent »
COTGRAVE: « Parens sans amis, amis sans pouvoir, pouvoir sans vouloir, vouloir sans effect, effect sans proffit, proffit sans vertu, ne vaut un festu »
ID.: « Assez parens, assez tourmens »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, parein ; prov : , paren ; espagn. pariente ; ital. e ; du lat. em, de parere, engendrer (voy. PART, s. m.).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Celui, celle qui est de même famille, qui est de même sang, qui touche par consanguinité à quelqu'un. "Parent paternel, maternel. Parents au troisième degré. C'est mon . Il est de mes s. De quel côté êtes-vous s? Il est mon du côté de ma mère. Ils sont s, proches s. Ils sont s éloignés. Elle est ma e. Le mariage entre s est prohibé à certains degrés. Je verrai aujourd'hui les s de ma femme. Il n'a point de s. Ils ne sont ni s ni alliés. Convoquer une assemblée de s. Avis de s. Aux gens riches ou en faveur, il pleut des s."
Prov., "Un bon ami vaut mieux qu'un ;" et fam., "Nous sommes tous s en Adam."
Prov. et fig., "Les rois et les juges n'ont point de s," Ils doivent sacrifier leurs affections personnelles à l'intérêt public.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de Ceux de qui on descend. "Il est né de s illustres."
Il se dit quelquefois plus particulièrement Du père et de la mère. "Il s'est marié sans le consentement de ses s. Un enfant doit obéir à ses s." En ce sens, on ne l'emploie jamais au singulier pour désigner Le père ou la mère.
"Nos premiers s," Adam et Ève.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, de Ceux qui sont simplement alliés. "Il est devenu mon en épousant ma cousine."
Fam., "Les grands s," Les plus considérables d'entre les proches s. "J'ai ouï dire à mes grands s. On consulta les grands s."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Qui est de même famille, qui est de même sang, qui touche par consanguinité a quelqu'un. "Parent paternel. Parent maternel. Parent au troisième degré. C'est mon parent. Il est de mes parens. De quel côté étes-vous parens? Ils sont parens. Ils sont parens éloignés. Elle est ma e. Il a fait office de bon . Il n'a aucuns parens. Ils ne sont ni parens ni amis. Faire une assemblée de parens. Un avis de parens".
On dit proverbialement, "Un bon ami vaut mieux qu'un ". Et on dit dans le style familier, "Nous sommes tous parens en Adam".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Qui est de même famille, qui est de même sang, qui touche de consanguinité à quelqu'un. "Parent paternel. Parent maternel. Parent au troisième dégré. C'est mon . Il est de mes parens. De quel côté êtes-vous parens? Ils sont parens. Ils sont parens éloignés. Elle est ma e. Il a fait office de bon . Il n'a aucuns parens. Ils ne sont ni parens ni amis. Faire une assemblée de parens. Un avis de parens."
On dit proverbialement, "Un bon ami vaut mieux qu'un ." Et on dit dans le style familier, "Nous sommes tous parens en Adam."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ENTE, s. m. et f. *PARENTAGE, s. m. PARENTÉ, s. f. *PARENTèLE, s. f. ["Paran", "rante", "rantage", "ranté", "ran-tèle": 2e lon. 3e "e" muet au 2d, "é" fer. au 4e, "è" moy. au dern.] "Parent", qui est de même famille. '"Parent" paternel, "ou" maternel. 'Il est "mon "; c'est un de "mes parens". = Il se dit aussi de ceux de qui on descend. 'Il est né de "parens" illustres. = Suivant BOUHOURS, "parens" ne doit point être employé pour signifier le père et la mère: mais l'"Acad." admet ce mot en ce sens. 'Il s'est marié sans le consentement de "ses parens". = En style proverbial, "renvoyer" quelqu'un "chez ses parens", l'envoyer promener. Madame "de Sévigné" l'emploie en plaisantant. 'Elle me fait une question fort plaisante, la fripone. Vraiment je "la renvoie" bien "chez ses parens". Il s'agit de sa petite fille "Pauline", depuis Madame "de Simiane".
   PARENTÉ, 1°. Qualité de . 'Degré de "parenté". 'Il y a "parenté" entre eux.
- 2°. Tous les parens d'une même persone, collectivement pris. 'Assembler "la é". 'Il a doné à dîner à toute "sa é". = * Aûtrefois on disait "parentage" dans le 1er sens et "parentèle" dans le 2d.
   Sans être issu du "parentage",
   Ou "de vous" ou "de" Jupiter.
       "Malherbe".
Outre que ce mot est vieux, je ne connais que les étrangers, a dit, en son tems, M. "Chevreau", à qui ce "parentage de vous" puisse plaire.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Qui est de mesme famille, qui est de mesme sang, qui touche de consanguinité à quelqu'un. "Parent paternel. maternel. au troisiesme degré. c'est mon . il est mon . de quel costé estes-vous s? ils sont proches s? ils sont s esloignez. elle est ma e. un bon . il n'a aucuns s. ils ne sont ni s ni amis. faire une assemblée de s. un avis de s".
Il signifie aussi, Ceux de qui on descend. "Il est né de s illustres".
Il se prend quelquefois plus particulierement pour le pere & la mere. "Il s'est marié sans le consentement de ses s".
Quand on dit, "Nos premiers s," On entend ordinairement parler d'Adam & d'Eve.




Emplacement dans le dictionnaire :

pareil
pareillement
parélie
parelie
parelle
parement
parénèse
parénétique
parens

parentage
parental
parentales
parenté
parentèle
parenthèse
parenthese
parer
parère
paresse
paresser




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...tataraio, être ensorcelé. tunoo, maléfice. ohiohio, regard sinistre. puhiairoto, ennemi secret. totoro ai po, repas mystérieux dans les ténèbres. tetea, personne pâle, fantôme. oromatua, crâne d'un parent. papaora, odeur de cadavre. tai hitoa, voix effrayante. tai aru, voix comme le bruit de la mer. tururu, bruit de bouche pour effrayer. oniania, vertige, brise qui se lève. tape tape, limite touchant...


Citation n°2 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...et le rejet, comme un rejeton de rosier planté en bonne terre, pousse et verdoie selon sa vie propre : l'allitération et les assonances internes ou finales rejoignent les deux vies et les parent de leurs feuillages. Ou bien ce sera un rythme dont les brisures multipliées sembleront à merveille adoptées à une idée de légèreté et de grâce : l'universel baiser court sur les hautes tiges comme...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...main de l'oncle était fraternelle ; à son oreille, la voix s'insinuait, sceptique, sincère, désenchantée, camarade. Le jeune homme se félicitait de paraître en frac, le poing dans le jabot, près du parent magnifique, qui se donnait la peine de le séduire. On souriait de les voir en confidences. Alors s'approchèrent des hommes en habit de cour fleuri d'argent, en habit d'académicien fleuri de soie...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...au Ve siècle. On ne peut croire que cela eût été à la rigueur impossible, quand on voit l'empressement avec lequel les barbares, dès leur entrée dans l'empire, embrassent les formes romaines, et se parent des oripeaux romains, des titres de consuls, de patrices, des costumes et des insignes romains. Nos mérovingiens, entre autres, embrassèrent la vie romaine avec une naïveté tout à fait aimable, et,...


Citation n°5 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...des boutiquiers, des domestiques. Ce dimanche-là, l'église n'en déployait pas moins la magnificence de ses cérémonies ; car elle est, quoi qu'on dise, la grande école d'égalité. Quand il reçoit un parent pauvre, ce féroce démocrate, qui rêve de tout courber sous le même niveau, n'allume pourtant pas le lustre du salon et ne descend pas à la cave chercher un panier de vieilles bouteilles. Le prêtre...


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